Maraîchage bio-intensif sur petite surface
Comme un Jardin est une exploitation maraîchère sur toute petite surface : seulement 1500 m² cultivés. C’est à la fois choisi et contraint.
Choisi parce qu’un toute petite surface permet d’accorder une très grande attention à ses productions. Je peux les surveiller chaque jour, intervenir au moment opportun sans jamais me faire déborder.
Une petite surface c’est aussi se permettre de pouvoir limiter le recours à la mécanisation (et donc aux gros investissements), et travailler plus à la main, à toute petite échelle. Cela ouvre des possibilités qu’il est plus difficile d’envisager lorsqu’on est mécanisé : association de cultures, optimisation maximale des espaces, etc. On appelle ça du maraîchage bio-intensif.
Mais c’est aussi contraint. Car l’investissement immobilier s’est fait avant le projet agricole et qu’une grande partie du terrain est difficilement exploitable car beaucoup trop pentue.
Je ne vous cache pas que si je pouvais avoir quelques milliers de m² en plus, et un tunnel supplémentaire, ce serait plus confortable (si vous avez des propositions…).
En attendant, exit les cultures à trop faible valeur ajoutées par rapport à la surface consommée (pomme de terre de conservation par exemple). Bien que je cherche à avoir une production aussi diversifiée que possible, je me concentre avant tout sur les
Parcellaire
L’exploitation se découpe en plusieurs zones :

- Une partie où la pente reste modérée (12 %), qui accueille un tunnel de 7m par 40 m ainsi que des planches de cultures. C’est la zone de culture principale, où se pratique vraiment le maraîchage bio-intensif.


- Une partie plus pentue (25 %), où l’intervention fréquente est plus compliquée. Cette zone est plutôt dédiée à de la culture plus extensive, et qui nécessite un suivi moins régulier. Par exemple, de la courge sur toile tissée.

- Une partie encore plus pentue (35 %), qui n’est pas exploitable en maraîchage (ou alors il faudrait faire des terrasses). Elle est dédiée à la mise en place d’un verger et sert également de parcours pour mes poules pondeuses.

- Et un dernier bout où la pente dépasse les 60 %, et que je laisse donc à Dame Nature.
Les méthodes de travail
Je ne vais pas rentrer dans le détail de mes méthodes de travail, pour beaucoup inspirées de la littérature, donc en rien révolutionnaire, d’autant que celles-ci seront nécessairement amenées à évoluer. Mais j’en dresse les grandes lignes.

- Agriculture biologique : je choisis de préserver l’environnement et la santé humaine en utilisant les méthodes de l’agriculture biologique : pas d’engrais de synthèse, ni de traitement chimiques. L’exploitation est entièrement certifiée AB, à l’exception de l’élevage de poules pondeuses (car le local ça compte aussi pour moi, et je n’ai pas trouvé de fournisseur de grains bio localement).
- Travail superficiel du sol au motoculteur. Dans l’idéal, j’aimerais pouvoir ne passer que la herse rotative, qui prépare finement la surface du sol, sans déstructurer les horizons du sol.
- Compte tenu de la très faible surface disponible, j’optimise à fond mes planches de culture : association de cultures courtes (radis, salades) avec des cultures plus longues. Ceci empêche le plus souvent d’avoir recours à du paillage, qu’il soit naturel ou synthétique.
- Optimisation de la ressource en eau. Je n’ai accès à aucune autre source que le couteux réseau d’eau potable. D’un côté je récupère donc les eaux pluviales de toiture pour une capacité de stockage de 9m3, ainsi que celles qui tombent sur le tunnel avec un bassin de 5m3 environ. De l’autre j’optimise l’irrigation : la quasi totalité de l’exploitation est arrosée en goutte à goutte.
- Production de la totalité de mes plants. Ceci permet de maitriser ses charges, pouvoir adapter plus facilement son planning de culture, et avoir accès à une bien plus grande variétés de semences.

